Corriger un Nébari par Fred Dagonneau

 Ceci est un petit article issu de ma très petite expérience, mais surtout de différentes discussions avec d’autres amateurs de bonsaï ainsi que de nombreuses lectures...

Comment corriger quelques défauts d'un nébari. Le nébari d’un arbre
ou jonction entre les racines et le tronc, est l’un des points essentiels du bonsaï. Un joli nébari bien étalé, donc les racines, différentes en tailles
et en longueurs rayonnent autour de l’arbre et donnera à l’arbre puissance et équilibre. Il lui rendra un aspect naturel et ancien. De temps à autres droites, tortueuses, toujours collées au sol. Elles sont le point de départ de la « ligne de tronc », un des points essentiels de l’aspect esthétique de l’arbre.
 
 
Les principaux défauts d’un nébari:
  • Racines manquantes sur un coté de l’arbre.
  • Racines mal placées.
  • Racines qui se croisent.
  • Racines trop longues et droites en « tube ».
  • Mauvaises inclinaisons dans le sol.
  • Toutes du même diamètre et à espacement régulier « non naturels ».
  • Racines décollées du sol (sauf pour le style bien défini Neagari ou racines aériennes).
 
Tous ces travaux s’effectuent sur un arbre en bonne santé.

Méthodes pour corriger un nébari défectueux


Le marcottage aérien

Une incision circulaire autour du tronc à l’endroit le plus adéquat pour un nouveau départ des racines de l’arbre. On pelle l’écorce, normalement la hauteur de l’anneau ainsi obtenue est deux/trois centimètres. Un fil de cuivre serré très fort au milieu
de cet anneau qui rentre dans le cambium et fera émerger de nouvelles racines. On enveloppe l’anneau de sable fin et de sphaigne haché, le tout enfermé dans un sac plastique ajouré et maintenu au tronc serré de chaque coté de l’anneau. Tenir le mélange humide. Cette opération s’effectue en général au printemps, au démarrage de la végétation. La durée de développement des racines est variable selon l’espèce, la saison et le climat local ou se trouve l’arbre, suivant aussi la santé de l’arbre marcotté.
D’une manière générale les racines de conifères se développent moins facilement et relativement moins vite que sur les feuillus.

En procédant de cette manière, nous allons redonner un nouveau jeu racinaire à un arbre donc les racines sont défectueuses.
Cette technique peut permettre aussi de réduire la distante trop importante entre la première branche et l’ancien nébari.

La greffe par approche

La plupart du temps, on aura recours à la greffe par approche pour combler une partie du tronc vide racines.
Après incision de l’écorce des deux parties qui vont être en contact, on fixera fermement le ou les plans à la plante mère avec du raphia, un cavalier, un clou ou mieux encore avec du ruban à greffer. Nous fermerons la plaie avec du mastic.
Cette méthode peut aussi être utilisée comme précédemment pour recréer un nouveau nébari défectueux en totalité ou trop éloigné des branches. 

Autre greffe

On peut greffer une racine provenant  d’un jeune plant de la même espèce.
On traverse l’arbre de part en part et on passe le jeune plant au travers. On fermera les deux cotés avec du mastic tout en faisant bien attention à avoir fait un trou légèrement plus grand que le diamètre du plant.

L’enfouissement

Un arbre avec un bel avenir mais un nébari trop étroit ou défectueux, sera enterré dans du sable tenu humide. Il faudra attendre ensuite l’éventuelle apparition de racines. Lorsqu’elles seront bien développées, nous pourrons couper, un peu comme une marcotte, la partie mauvaise au dessous des nouvelles racines.

Sur une partie de tronc d’où les racines manquent, nous pourrons faire une petite butte de terre fine et bien humide, mélangée à de la sphaigne hachée de manière à faire pousser de nouvelles racines. En attendant la pousse des racines, la butte de terre cachera le manque sur le nébari.

Mejime

Ce terme japonais correspond au fait de cacher un nébari défectueux dont les racines se trouvent du même côté, laissant un côté vide. Nous placerons alors devant le côté sans racines une petites plante (fougère, herbe etc.). Nous pouvons aussi placer une petite roche, voir dans certains cas appropriés un bois mort.
Il est évident qu’il s’agisse d’une plante ou d’une roche, elle devra être en harmonie totale avec l’arbre.

La mise en pot

Lors d’un rempotage, l’inclinaison de l’arbre ou son orientation pourra masquer des manques de racines ou des racines mauvaises. Ne pas oublier de combler les éventuelles vides entre le sol et certaines racines par le la terre fine.
Un manque de racine sur un côté pourra être simplement atténué dans certains cas en rempotant l’arbre près du bord du pot.

Ligature et haubans

On pourra replacer des racines qui ne touchent pas le sol ou qui se croisent, qui s’entremêlent ou donc l’inclinaison est mauvaise par la ligature, le haubanage ou encore une petite agrafe en fil de fer ( en protégeant bien les racines avec du plastique ). Nous pourrons aussi mettre une cale en bois ou autre entre deux racines pour leurs donner le bon écartement.
Nous agirons ainsi un peu comme avec les branches de l’arbre.

Forcer les racines

Sur un nébari défectueux, nous ferons quelques petits trous dans le tronc à l’endroit des racines manquantes ou vilaines pour forcer l’arbre à créer de nouvelles racines. Nous ferons ces trous avec une petite vrille ou une chignole avec une petite mèche. Nous couvrirons les trous d’un mélange sable fin, terre fine et sphaigne haché tenus humides en faisant une petite bute, maintenu si nécessaire par un grillage fin en plastique. Cette technique est surtout utilisée pour les feuillus, les conifères racinant beaucoup plus difficilement ainsi.

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