Création d'une Forêt

La forêt sera le thème de cette année 2009,
Fred nous présentera
le style Yose-ue.
Ce thème sera réparti en plusieurs étapes:
Cours théorique fin automne (Général et choix des arbres).
Sortie en pépinière fin de l’hiver.
Cours théorique tout début du printemps (Création).
Rempotage ou création de la forêt dans le printemps.
                                                       1er travail sur les arbres à l’automne (ligatures et haubans). 
                                                       2ème travail sur les arbres courant de l’hiver suivant 
                                                      (taille de structure légère, préparation à la pousse du printemps, engrais).
 


 
 
 
 
 
Présentation du travail réalisé lors de l'atelier.
Les arbres sont installés, maintenant il faudra
quelques années pour faire évoluer ces forêts.


 

 


 

Introduction

Le but de la création du style « YOSE-UE », est la représentation en miniature d’un morceau de nature, la forêt. En suivant les prescriptions japonaises concernant les styles et l’esthétique, la forêt, à l’image des autres styles définis, sera dépouillée, simple, répondant à des critères esthétiques précis.

Une autre approche serait d’insérer à l’intérieur de ce « paysage », certaines décorations accessoires telles les pierres, les petits personnages, la représentation d’un sentier ou d’un petit pont. Nous appellerons alors cette création « seikei », ou création d’un paysage, style typique en chine.

Le nombre d’arbres reste illimité mais sera toujours d’un nombre impair. Théoriquement on appel forêt ou « YOSE UE », un groupe fait de 9 arbres au minimum. Pour des besoins compréhensibles, on pourra former la forêt avec 5 ou  7 troncs.

Bien que contenant plusieurs arbres, le style de la forêt répond aux mêmes critères que la présentation en pot d’un arbre simple. La forêt sera implantée plus vers l’arrière que l’avant du pot ou de la lauze. La forêt devra avoir une direction, et nous décalerons donc la forêt du coté inverse de sa direction, créant ainsi un espace vide « principal ». La tête de l’arbre principale s’inclinera vers l’avant, les autres têtes étant en harmonie avec celle-ci.
Les points principaux de la création d’une forêt font références à des notions d’esthétiques tels les espaces vides, la profondeur, la création de « groupe ».

La profondeur

Afin de donner de la profondeur à notre forêt, il sera important de placer vers l’avant l’arbre le plus gros en diamètre, donc le plus haut en hauteur. Nous placerons donc vers l’arrière les arbres les plus fins et les plus petits, créant ainsi une profondeur visuelle évidente. Pour accentuer cette profondeur, il faudra que, une fois les arbres disposés, l’œil de l’observateur puisse « traverser » la forêt pour allé au fond d’elle voir même plus loin qu’elle.

Création de groupes

Afin de rendre visuellement plus belle, plus naturelle, la création de la forêt, aucun des arbres ne devra avoir le même alignement, et l’espacement entre chaque arbre sera différent. Il sera donc nécessaire de créer des « groupes » d’arbres au sein de la forêt. Nous trouverons le groupe des « grands », dont fera parti l’arbre principal. Nous trouverons le groupe des « moyens » et le groupe des « petits ».
Au sein d’une même forêt, nous trouverons rarement plusieurs groupes des grands, par contre nous pourront avoir facilement plusieurs groupes de moyens ou groupes des petits. Pour créer ses groupes, nous auront besoin de « coller » plus certains arbres entre eux, et, par conséquent, réduire assez drastiquement sur une partie leur pain racinaire, c’est une opération délicate.

Chaque groupe sera composé d’un arbre « principal », mis avec d’autres arbres de tailles et dimensions diverses et généralement plus petits. Pour l’ensemble de la création de ces groupes il est nécessaire de bien prévoir leur implantation, le choix des arbres par groupe. Car l’opération est un « rempotage » et le risque de dessèchement des racines peut devenir un problème. On fera attention aux hauteurs des arbres, ceci devant être de hauteurs divers, chaque groupe essayera de former un triangle.

Les espaces vides

Les espaces vides sont une partie très importante de la création d’une forêt. Outre l’espace vide principal, situé du coté où se dirige la forêt, nous trouverons nombres d’espaces vides secondaires, autant par rapport au pot, qu’au sol de la forêt, qu’entre les arbres et même les branches. On doit pouvoir « voir » au travers de la forêt, suivre le chemin qui serpente au milieu d’elle. On doit pouvoir s’imaginer se baladant dans la forêt. On recherchera également les « lignes de fuites », l’œil doit pouvoir se balader un peut partout dans et autour de la forêt.

Harmonie

L’harmonie, à l’image de toutes les créations de l’art bonsaï, est très présente dans la forêt. Harmonie entre le pot et les arbres, la mousse et les troncs. Harmonie aussi entre les troncs eux-mêmes, qui suivront souvent la même direction, harmonie des branches qui doivent se ressembler, se compléter. On évitera de faire croiser des troncs ou des branches, mais cela peut arriver dans certains cas qui rajouteront une touche « naturelle » à la forêt bonsaï.

Sensibilité

Peut être encore plus que pour les autres styles de l’art bonsaï, la création d’une forêt fait appel à notre imagination. Elle doit être le reflet de ce que voir son créateur, correspondre à la sensibilité qu’approuve ce dernier à la vue d’une forêt dans la nature. Simple et dépouillé ou stylisé et riche, l’auteur pourra créer un paysage lui rappelant ses souvenirs. La forêt de plaine, aux troncs élancés, fins, la forêt de montagne ou haut montagne, plus tourmentée, faisant ressortir la lutte du végétal face aux éléments. La forêt pourra être « battue par les vents », aura put souffrir de la rigueur du temps, elle est le reflet du regard de celui qui la crée.

Les étapes de la création d’une forêt

Le choix du matériel, du style de forêt

Avant tout il faut se donner une image de la forêt que l’on aimerait réaliser. Arbres caducs ou conifères, forêt de plaine ou foret de montagne, forêt tourmentée, escarpée.

Il faut aussi prévoir le type de contenant qui s’harmonisera le mieux avec les arbres, pot plat ovale, vernis ou non, lauze en pierre ou « artificielle », support innovant, sortant de l’ordinaire, forme de pentes.

Dessiner son projet aidera à sa création. Quel arbre va être le principal? Quel arbre ira dans le groupe des grands ou des petits?
Quelle direction aura la forêt?
Il est très important donc d’avoir tous les éléments en sa possession ainsi que l’image de ce que l’on veut faire,
avant tout début d’opération.

Le choix des plantes

Bien que pouvant réaliser une forêt avec n’importe qu’elle essence, il est certaines variétés qui s’y prête mieux que d’autre. Les plantes choisies, de différentes tailles et différentes épaisseurs, auront cependant un mouvement, un « port » commun. Par exemple, on ne mettra pas ensemble des sujets au port droits et élancés avec de sujets tourmentés ou en cascade. Les doubles, triples troncs, ainsi que les troncs multiples, seront eux recherchés, les inclure dans une forêt donne un aspect encore plus naturel.

Il faudra toujours garder à l’esprit la notion de « naturel », lors de la création.
Certaines espèces se trouvent naturellement en forêt, d’autres noms.

Quelques espèces se prêtant bien à la création de forêts :

Conifères:

Le pins sylvestre de préférence, par rapport à ses aiguilles courtes et c’est une espèce « local »), les genévriers, surtout les rigida, ou autres espèces « à aiguilles ». le cèdre (cédrus libani par exemple), le mélèze (larix—attention à sa culture qui est difficile sous nos climats), l'if (taxus bacata – taxus cuspidata, son cousin asiatique), l’épicéa.
On évitera, si possible, les cultivars de pépinière. (problème de culture et de santé dans le temps), Le criptoméria, le chamaecyparis (voir quelques créations de Masahiko Kimura).

Feuillus:

L’érable (acer, en particulier l’érable de Buerger que l’on trouve souvent en troncs fins et élancés, resserrés).
Le charmele hêtrele grenadierle noisetier, l'orme (chine – japon), le zelkova (plus rarement, difficile de trouver le matériel),
l'ilex (plus rarement, difficile de trouver le matériel), le chêne (plus rarement, difficile de trouver le matériel)

Persistants:

(Plus rarement utilisé que les deux autres groupes, on ne voie pas trop le changement de saison, on trouve rarement des forêts de persistant, du moins dans l’art bonsaï).
L'azalée (bosquet), le buis (bosquet), le chêne, l'olivier (très rarement utilisé, pas très naturel)

Le matériel

Les arbres:
Prévoir des arbres qui soient en rapport, même mouvement, même cultivar mais différents diamètres, différentes hauteurs.
Prévoir toujours un ou deux arbres de plus, de manières à pouvoir changer de projet en cours de route.

Le pot:
Choisir un pot ovale assez plat, coloris en rapport avec la variété d’arbres utilisée. Lauze en pierre ou lauze artificiel.
(trous de drainage impératifs).

Substrat :
Akadama, pumice ou pouzzolane. Ecorce de pin compostées (suivant la variété employée).
Kéto, impératif même avec une plantation en pot. Encore plus impératif avec une lauze.

Matériel:
Trousse classique pour le travail des arbres.
Auge en plastique pour mélanger substrat ou terre keto.
Matériel de haubanage et de soutien (protections caoutchouc).
Prévoir des baguettes fines type bambou ou autre, pour créer un quadrillage qui accrochera les arbres au pot.
Fils de ligature en alu pour attacher les arbres au pot et au quadrillage.
Grilles de drainage, prévoir une bonne quantité et si possible en ‘bandes », pourra être utilisé pour maintenir la terre.
Pulvérisateur pour l'humidification des racines durant le travail et la préparation de la mousse.

Accessoires:
Mousse fine pour recouvrir la terre, quasiment indispensables, surtout sur une plantation sur lauze.
Accessoires pour la présentation de la forêt, petites plantes d’accompagnement, pierres, graviers (pas indispensable du tout).
Matériel de dessin pour « imaginer » la forêt.
Pour la création du style « radeau ». Caisse de culture ou pot large et profond pour la mise en place des racines.

Rempotage et mise en place des arbres au printemps

Mise en place des fils de fixation (au travers des trous de drainage), ou création d’un quadrillage en bambou.

Création du « tour » de la forêt, mise en place d’un boudin de keto (si création sur lauze).

Préparation des arbres, nettoyage de l’ancienne terre, taille des racines, après avoir regroupé les arbres en « groupes », taille des branches vraiment indésirables (ont gardera cependant des branches en plus, pour la survie des arbres et leur mise en forme future).
Mise en place des arbres dans la création.
Remplissage avec le mélange terreux définit.
Couverture du Kéto et de la terre avec la mousse, en soignant les finitions.

Première mise en forme basique de la forêt à l’automne suivant si les arbres sont bien en formes
Taille des branches superflues, réduction des branches ayant trop poussé, petits travaux de mise en forme.
La taille des branches d’une forêt est particulière. On évitera les branches qui se croisent, qui poussent vers l’intérieur. D’une manière générale on ne laissera que les branches poussant en périphérie de la plantation, les branches avant et de côtés pour les arbres placés devant, les branches arrières sur les arbres placés en arrière de la plantation, les branches des côtés pour les arbres situés sur les côtés
de la plantation.

Entretien courant de la forêt
Taille d’entretien, pincements, engrais, arrosage, c’est le travail tout au long de l’année ou « mochikomi »

Haut de Page